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L’Enfant…

 
Ecran de fumé, écran de protection, écran de projection, ou encore, l’art de déplacer les problèmes existenciels plus loin ; l’enfant ce monstre de chaire et d’os où se mèlent au présent le passé et le futur.
 
Comme vous le savez, je suis psychologue dans un service de pédiatrie. Je travaille quotidiennement avec la question de l’enfant, celle qui génère suffisament de trouble pour que l’on prenne ce risque ultime de me rencontrer. Point de voile avec moi, point d’écran de fumé: je ne travaille pas avec cet enfant cul-cul qui vous fait tant rêvé, celui dont on use pour faire pleurer dans les chaumières, ou pour vendre des produits manufacturés.
Trop d’enjeux autour de l’enfant: à travers lui la haine de l’enfant qu’on a été,  le besoin de le réparer et le rêve fou de l’immortalité. C’est pour toutes ces raisons que l’Aide Sociale à l’Enfance est débordée…tous les adultes n’arrivent pas à élaborer ou, faute de mieux, à refouler leur ambivalence à l’égard de l’enfant.
L’enfant est surtout un formidable faire valoir…pour certaines femmes qui trouvent enfin un garent de leur identité séxuée et pour la société marchande qui sait si bien jouer avec nos émotions.
 
 
 
A l’hôpital, l’enfant est doublement objet: objet des désirs parentaux et objet de la médecine. Alors pour redevenir une personne il refuse: refuse les soins, refuse de manger ou refuse de parler…c’est par ce refus à la vie qu’il trouve à exister, et c’est bien là tout le paradoxe.  Certains d’entres eux sont très gravement malades et hypothèquent ainsi leur vie. Cet enfant en soi que l’on a pas pu tuer symboliquement trouverait-il là le moyen de mourir dans le réel ? Ces questions sont vertigineuses et lorsqu’un enfant décède réellement dans le service, elles ne me lachent plus. Bien entendu ces questions , afin de préserver leur valeur heuristique, ne doivent en aucun cas être refermées par des réponses .
La première chose que je fais lorsque j’accueille des parents avec leur enfant-symptôme, c’est d’écouter l’enfant qu’ils étaient. Et bien souvent, Oh miracle ! l’enfant se porte mieux et ses parents ont pu apprendre quelque chose d’enrichissant sur eux…
 
 
De quel enfant parle t’on lorsque l’on parle au nom de l’enfant ? Et où est-ce que ça vient me soigner, moi, d’être à l’écoute de ces choses là ?
 
 
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CEUX QUI APPARTIENNENT AU MONDE

 

 

Eux pensent que le monde leur appartient…peu importe. Des Egos à la langue bien pendue uniquement au service du mensonge. Mais subitement, à la faveur d’une perte, ils l’entendent et font silence ; vertigineuse la vérité ! elle apparait dans une fulgurance. Car très vite l’affreuse musique reprend son tintamarre et recouvre d’une épaisse chape de fantasmes vulgaires l’innommable de leur condition humaine.

 

 

Les gens du monde bataillent contre la dépression qui pousse au portillon de leur esprit secoué. Très peu d’amour dans ce monde et plein de gueules ouvertes attendant d’être comblées jusqu’à ras bord.

 

Suffocant ! ce monde. Il exige que nous paraissions sans perte, sans folie, sans finitude…. Mais elle est partout la perte : c’est elle qui nous fait renoncer à la complétude pour nous ouvrir à la grâce. Elle est partout la folie : c’est elle qui nous fais renoncer au contrôle pour nous ouvrir à l’inspiration et à la création. Elle est partout la mort : c’est elle qui nous fait renoncer à la quête du bonheur pour nous ouvrir à la joie de vivre.

 

 

 

 

Et pourtant, pas un jours où mon cœur ne se gonfle jusqu’au bord de l’éclatement devant toute cette beauté qui échappe au monde. Elle est là, partout, à portée de notre être. La beauté nous dépossède de tout mais nous donne accès à l’immensité du réel. Sans biens et sans Ego, je communique avec l’éternel et n’éprouve plus que de la gratitude pour chaque instant de mon infime petite vie.

 

 

 

 

Et je voudrais pouvoir faire des trous dans le monde pour les aider à respirer

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Le corps du texte…

 
Je lis un de ces livres dont les pages restent à couper.
Je n’ai pas de coupe-papier mais un couteau à viande.
Je lis au couteau et découpe le texte comme on découpe la chaire.
 
 
 
 
 
 
Le livre s’appelle"Un livre inutile".
L’auteur est du genre à trouver l’immense dans l’infime.
Je travaille au couteau à recueillir le plus d’inutile possible.
 
 
 
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L’ORIGINAIRE…

 
Chers amis du monde virtuel, ce soir j’y retourne…dans ce pays inquiètant qui m’a vu naître. Depuis quelques temps je n’ai plus peur. Alors je vais tenter une plongée au pays des forêts profondes peuplées de sorcières aux doigts crochus. Là-bas, en teutonie, le pays des contes et du Strudel aux pommes…celui de ma Mère.
Difficile de parler de la Mère, ce gouffre sans fond. Toutefois on peut tenter de s’approcher le plus près possible du bord, sans trop se pencher au dessus. La Mère dont je parle ici est loin des représentations clichées de douceur, de moelleux et de nourrissage, mais bien plus près de la folie et de la voracité: une bouche perpétuellement ouverte…hurlante et dévorante.Cris de haine, cris de détresse, mais bien souvent les deux se confondent…
Bien sûr, il y eût de l’amour :"je t’aime terriblement" disait-elle; et c’est ce "terriblement" ajouté derrière qui conduisit l’enfant vers l’évasion perpétuelle.
 
 
 
 
Rescapée du gouffre, je retourne en songe dans les forêts maléfiques et enchantées d’outre-Rhin pour me confronter une fois encore aux créatures qui me constituent aujourd’hui. Nostalgique, je rêve d’un séjour en forêt noire: j’y retrouverais mon lit recouvert de son épaisse couette en plumes d’oie, les patisseries à la cannelle, les contes de Grimm et les quelques berceuses des premiers temps.
 
 
 
 
 
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Risquer l’inconnu…

Décidément je ne suis pas bien inspirée ces temps-ci. J’ai du mal à entretenir les choses. Par exemple : les plantes, je n’ai jamais su les entretenir; pas une plante n’a pu survivre avec moi. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je ne fais pas d’enfants, car je ne donne pas bien cher de leur vie. L’avantage avec un blog c’est que ça ne crève pas facilement. Alors bon… me revoilà.
 
La vie professionnelle est épuisante pour quelqu’un qui doute en permanence. Je ne vous l’ai peut-être pas dit, mais je suis une psychologue profondément anarchiste dans l’âme; je n’ai donc ni Dieu ni maître, c’est à dire, personne pour venir confirmer que je fais bien partie des élus ou que j’ai raison dans telle ou telle situation. Alors j’avance vers l’inconnu en m’offrant toutefois quelques points d’appui: échanges avec mes paires, bouquins, supervision… Certes, c’est épuisant de ne pas être dans la certitude, mais ces derniers temps quelques dénouements heureux sont venus confimer que risquer l’inconnu c’est la position la plus juste.
 
 
 
 
 
 
Cela m’a ramené à la lecture de Bergson: toute sa philosophie est une invitation au laché prise. Pas étonnant qu’il n’ai eu, en France, le succès d’un Kant ou d’un Heidegger. Les sociétés intellectuelles Françaises sont peuplées, pour des raisons qu’il faudrait éclaircire par l’histoire, d’une multitude de crétins affolés du gland ou érotisés du fion.
 
 
Désolée…je ne pensais pas que ce billet basculerait un peu dans la grossièreté…mais c’est ça aussi risquer l’inconnu. Tout cela pour dire, que je ne supporte plus l’université et qu’il vaut mieux, pour se prémunir du formatage, rester autodidacte.  
 
Voilà. Pour le moment, c’est tout ce que je trouve à écrire. A bientôt, les amis.
 
 
 
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MON NOM EST PERSONNE

 
Parade sociale, prestance, prestation et prestige. Paillette et rutillence des attributs …avoir quelques attributs qui forcent l’admiration des meutes. Que l’on songe un instant à la violence persécutive qu’est l’admiration des foules pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à une célébrité. Peu importe d’ailleurs de connaître son oeuvre ou sa cause, ce qui compte c’est de pouvoir se frotter à celui dont le prestige est si connu qu’il amène un court instant les projecteurs sur soi. Car l’admiration a son corolaire qui est l’envie ; c’est pourquoi, elle se complique toujours d’un peu de vampirisme. Tout cela n’a donc rien à voir avec l’amour et encore moins avec le respect. Certaines stars ont déjà fait cet amère constat et ont frôlé, pour les plus fragiles d’entres elles, la folie et la dépression.
 
 
 
C’est là aussi le message du génialissime film de Sergio Léone (encore lui): l’admiration que l’on porte à Jack Beauregard ne vient pas d’un superficiel attribut qu’il suffirait de lui dérober, mais d’un véritable talent. Or, plus l’on est admiré pour ce que l’on est, plus on risque sa peau. Pour se préserver de la horde sauvage la seule solution reste le repli vers l’anonymat: redevenir personne pour pouvoir rester soi-même et vivre librement, se jouer de la bêtise humaine en profitant pleinement de l’air que l’on respire et du vent qui nous passe dans les cheveux…
 
 
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